Remo avec barre : technique, exécution et muscles sollicités

La variante du Rowing à la barre qui stimule le plus de masse musculaire est celle où la barre repose au sol à chaque répétition (inclinaison du buste à 90 degrés)

Muscles sollicités dans le Rowing à la barre

Le Rowing à la barre fait travailler un grand nombre de groupes musculaires, de façon directe comme indirecte.

C’est l’antagoniste principal du Développé couché, et donc, pour éviter les déséquilibres, tant musculaires qu’esthétiques, il faut travailler les deux avec la même importance

  • Développé couché -> Poussée horizontale
  • Rowing à la barre -> Tirage horizontal

Les muscles et zones travaillés lors du Rowing à la barre sont :

Haut du dos

En réalisant le tirage, on effectue une contraction scapulaire, ramenant la barre jusqu’à toucher la poitrine. On travaille donc les dorsaux, trapèzes et deltoïdes postérieurs.

Bas du dos

La région lombaire doit rester neutre pour éviter tout risque de blessure. La gravité tend à faire plier le dos, car c’est ce que détermine le vecteur de force vertical de la barre. Ainsi, on peut exercer une force opposée et renforcer les muscles le long de la colonne vertébrale : les érecteurs du rachis.

Abdominaux

Les muscles abdominaux doivent supporter la tension pour que le bas du dos reste en position neutre. Cette force favorisera l’apparition du fameux « 6-pack », en particulier en travaillant le muscle droit de l’abdomen. Si tu veux afficher un ventre dessiné, ce stimulus hypertrophique t’aidera à le développer. La prochaine étape sera l’alimentation…

Hanches

Les muscles des ischio-jambiers et des fessiers travaillent à chaque contraction musculaire, c’est-à-dire à chaque mouvement de la barre depuis le sol. Mais ils le font surtout pour maintenir la courbure neutre du bas du dos. Cet exercice stimule et renforce les muscles des hanches, par des contractions dynamiques et statiques.

Bras

Les muscles des avant-bras travaillent pour maintenir la prise de la barre. Les biceps permettent de plier le coude et de déplacer la charge. Les triceps amènent la partie haute du bras derrière le buste, la longue portion du triceps s’attachant à l’omoplate.

Le Rowing à la barre permet de travailler tout le dos, sans avoir besoin d’autres exercices ou d’angles différents, ce qui demande beaucoup de temps et ne renforce pas le dos dans son ensemble. Bien sûr, la charge ne peut pas être trop lourde car cela implique un plus grand isolement musculaire.

Si tu cherches à prendre de la masse musculaire et à renforcer ton dos, en obtenant aussi une grande densité musculaire, le Rowing à la barre avec le Soulevé de terre sont les meilleurs exercices

Technique du Rowing à la barre

Position de départ

La position de départ consiste à placer les pieds à la largeur des hanches, avec les pointes légèrement tournées vers l’extérieur, formant un angle d’environ 30-45º selon ta flexibilité, comme pour un Soulevé de terre.

Comment faire du rowing à la barre

Il est important que les genoux et pieds pointent dans la même direction. La barre doit rester proche du tibia, sans toucher, à quelques cm, au-dessus du milieu du pied (cou-de-pied)

Imagine que la barre trace une ligne imaginaire du centre de ton pied jusqu’à ta poitrine, perpendiculaire. Si on colle la barre au tibia, on risque de se frotter la jambe en bougeant la charge. Pendant tout le mouvement, les pieds restent bien au sol, sans jamais lever ni talons ni pointes

Prise de la barre

La prise utilisée sera la prise pronation.

Avec ce type de prise, on enroule complètement la barre, c’est-à-dire que les pouces entourent la barre. Cela permet de serrer la barre plus fermement. Une prise plus forte recrute plus de muscles et permet d’ajouter plus de poids. Il est conseillé de saisir la barre près des doigts, pas au milieu de la paume.

Largeur de prise du rowing à la barre

Pour les charges ou séries très lourdes, on peut utiliser des straps ou sangles de maintien pour éliminer la limite de la prise et profiter au maximum de l’exercice.

Il faut aussi travailler la prise avec des exercices auxiliaires, car on cherche toujours à renforcer toutes les parties du corps.

La largeur de prise doit être plus serrée que pour le développé couché et un peu plus large que pour le soulevé de terre. Une prise plus large (plus que pour le développé couché) réduit l’amplitude du mouvement, ce qui incline les bras et fait pencher le buste, le plaçant en dessous des 90º.

Par contre, si la prise est plus centrée ou étroite (moins que pour le développé couché), on peut garder une position perpendiculaire au sol (position souhaitée), sans arrondir le bas du dos, et en maintenant la hanche en position neutre. Ce sera une position bien plus sûre pour le dos

Poignets

Les poignets sont un point faible dans tout exercice, surtout si on ne garde pas une bonne position pendant le mouvement.

Pour le rowing à la barre, c’est pareil, et on peut se faire mal si la prise est mauvaise. Comme dit plus haut, la prise doit être complète, les pouces entourant la barre, et on serre fort.

exécution rowing à la barre

Les poignets doivent rester droits, jamais pliés, sinon on perd la prise et, si la charge est lourde, on risque une blessure.

Si pour une raison quelconque la technique diffère et que les poignets se plient pour faire force et amener la barre à la poitrine, il est conseillé de réduire le poids de la barre

Coudes

Les coudes doivent être bloqués au début du mouvement. Sinon, il y a un risque de blessure au bas du dos, car le buste sera plus bas que la position souhaitée (perpendiculaire au sol). Un autre motif important est d’éviter de prendre de mauvaises habitudes, comme pour le soulevé de terre ; commencer avec les coudes bloqués est crucial pour éviter une blessure au biceps.

Le rowing à la barre n’est pas un curl, la charge est trop lourde pour isoler les biceps, et l’objectif est de renforcer les muscles du dos (et indirectement les autres muscles).

Technique du rowing

Dans ce cas, les coudes guident la barre, c’est-à-dire qu’à la fin du mouvement complet, les coudes doivent rester derrière le buste

Deux erreurs fréquentes :

  1. Approcher la poitrine de la barre en fin de mouvement, sans amener les coudes derrière le buste
  2. Plier les poignets pour diriger la barre vers la poitrine, même si les coudes sont bien placés

Ces erreurs sont dues à une charge trop lourde, il faut donc la réduire pour un mouvement plus correct et sûr. Pour améliorer la technique, il est conseillé d’enregistrer et revoir les séries, car ces erreurs sont fréquentes

Buste

Le Rowing à la barre vise à renforcer les muscles du dos, donc la position doit être à 90º, c’est-à-dire que le buste (muscles du bas du dos) reste toujours perpendiculaire au sol.

Tout ce qui ne respecte pas cette posture signifie que d’autres groupes musculaires, comme les jambes, sont sollicités

Position du buste en rowing à 90º

Le bas du dos reflète si le mouvement est bien exécuté, et bien sûr s’il est sûr

Il faut garder la courbure naturelle du bas du dos, en évitant la rétroversion comme l’antéversion du bassin

Bas du dos

La colonne vertébrale a des courbures naturelles (lordose et cyphose). Ces courbures existent anatomiquement, mais extérieurement, on doit voir une ligne droite.

Donc, si on voit des courbures prononcées, cela signifie qu’il n’y a pas de neutralité, donc pas de stabilité de la structure

Inclinaison du buste en soulevant la charge

Au départ, on est en position complètement perpendiculaire.

Inclinaison du buste en rowing à la barre

En soulevant une charge, surtout lourde, le buste peut s’incliner d’environ 15º, ce qui reste possible sans solliciter les muscles des hanches

Au-delà de cette inclinaison, le mouvement ressemble à un soulevé de terre, ce qui n’est pas l’objectif. On fixe donc une limite de 15º

Exécution du Rowing à la barre

Départ

La barre commence exactement comme pour le soulevé de terre. Elle est au-dessus des pieds, proche des tibias (écarter la barre augmente la tension sur le bas du dos).

En général, laisser la barre reposer au sol élimine la tension sur le bas du dos et recrute mieux le haut du dos dans la première phase du mouvement.

  • Saisis la barre à peu près à la même largeur que pour un développé couché (un peu plus serré). Cela favorise la transfert vers ce mouvement et améliore les résultats.
  • Le rowing à la barre doit être le mouvement opposé.
  • Bien que la prise supination ou pronation soit possible, il est recommandé la prise pronation avec le pouce entourant la barre.
  • C’est ainsi que le mouvement transfère vraiment au développé couché.

Types de prise

Si tu choisis une prise supination, la largeur doit être plus étroite, plus les coudes sont proches, plus le travail se concentre sur le centre du dos.

Les prises pronation minimisent l’action des biceps, surtout la prise pronation fausse. La prise supination déplace une partie de l’effort vers les biceps de façon plus marquée, et tend à solliciter les groupes moyens et inférieurs.

Il est important que la barre touche la poitrine. Si la barre ne touche pas la poitrine ou une surface solide, c’est un rowing partiel. Le mouvement n’est pas complet et on ne profite pas pleinement de l’exercice.

Quand respirer ?

On prend une grande inspiration juste en position de départ

Ainsi, on retient l’air, on compacte le buste, et on rame ! Cette méthode est un vrai gage de sécurité, surtout avec des charges lourdes.

Position du dos

Garde toujours le haut du dos parallèle au sol, ne te laisse pas emporter par ton ego en faisant un rowing incliné

Il vaut mieux utiliser moins de poids et faire l’exercice correctement, progresser ainsi te fera avancer plus globalement. Si ton rowing à la barre devient un rowing à 45°, aidé par les jambes, c’est que la charge est trop lourde. Baisse-la.

En général, plus l’angle par rapport à la verticale augmente, plus l’effort se déplace des groupes supérieurs vers les groupes moyens et inférieurs du dos.

Commence chaque série et chaque répétition depuis le sol, pas depuis le haut, et ne retiens pas la charge sans la poser. La plus grande contraction du haut du dos se produit si tu sors la barre du sol, pas si tu la laisses suspendue dans l’air

Jusqu’où amener la barre ?

La réponse est simple, exactement au même endroit où tu poses la barre pour le développé couché, ou au moins jusqu’à toucher une surface solide

En général, amener la barre haut vers la poitrine demande plus de stabilisation du bas du dos, tandis que la porter vers le ventre déplace l’effort vers le milieu et le haut du dos.

Les coudes guident

Tire avec les coudes

C’est une astuce pour cibler le travail sur le dos, et ne pas transformer ce rowing en exercice de biceps, avec les risques que cela comporte. Tire les coudes vers le plafond au lieu de simplement tirer avec les mains.

Cela évite aussi de plier les poignets.Rappelle-toi d’éviter de faire un curl !

Rétraction scapulaire

C’est obligatoire, point final. Ce concept s’applique aussi à d’autres exercices, comme le développé couché.

Position finale

Serrer les omoplates ensemble en haut aussi fort que possible et ouvrir la poitrine vers le haut.

  • Il ne suffit pas de rétracter les scapulas, il faut aussi les abaisser pour plus de compactage.
  • Pas besoin de maintenir la charge en isométrie en haut. Toucher la poitrine puis redescendre suffit.
  • Garde la tête baissée. Ne regarde pas dans le miroir, tu auras mal au cou. Ne regarde pas non plus tes pieds, ton bas du dos pourrait s’arrondir, et comme au soulevé de terre, tu risques une blessure.
  • Il suffit de regarder légèrement vers le bas.

Vidéo Rowing à la barre (Rowing 90º)

Analyse biomécanique du Rowing à la barre

Les rowings à la barre ou aux haltères, en premier lieu ; et aux poulies, machines à leviers et TRX, en second lieu, devraient être des exercices principaux dans toute planification équilibrée.

Personnellement, j’aime bien entraîner par mouvements car c’est simple d’organiser le travail pour équilibrer une routine. Ainsi, les rowings sont des exercices de traction horizontale, exécutés principalement dans un plan antéro-postérieur (selon l’inclinaison), avec des vecteurs de force perpendiculaires au corps.

Même si c’est surprenant, pour un équilibre optimal : même volume (et charge similaire) hebdomadaire de poussées horizontales, où le développé couché est roi, par rapport aux rowings

Une différence notable est l’inclinaison du tronc lors de l’exécution

La plupart des mouvements de rowing impliquent la stabilisation de la colonne vertébrale, ce qui implique des variables comme la charge sur la colonne, les degrés de mouvement et la capacité à rester immobile pendant le mouvement.

Charge sur la colonne

Les forces de cisaillement sont plus dommageables pour la colonne que les forces de compression axiale, mais l’activité musculaire des muscles spinaux pour maintenir la posture peut créer des forces de compression.

charge sur la colonne en rowing

C’est pourquoi, même si le mouvement de rowing est antéro-postérieur, les efforts axiaux sont aussi importants dans la colonne vertébrale

Amplitude de mouvement de la colonne

La colonne subit des forces de cisaillement importantes pendant le rowing, sauf si les muscles autour créent des forces pour empêcher le mouvement, ce qui provoquerait la flexion de la colonne.

Bien qu’un certain mouvement dans les trois plans soit acceptable pour la plupart, réduire le mouvement de la colonne est souvent mieux pour beaucoup de personnes, surtout en flexion-extension.

La rotation est particulière car dans le rowing unilatéral avec haltère, elle est plus importante et peut être un avantage selon les objectifs.

pourcentage amplitude max

Le graphique montre les mouvements de la colonne en format normalisé, ainsi que le pourcentage de l’amplitude maximale disponible

Le rowing à la barre utilise 40 % de l’amplitude maximale de flexion-extension, tandis que le rowing unilatéral à la poulie permet presque 70 % de rotation maximale disponible

Rigidité

La rigidité de la colonne décrit sa capacité à rester immobile dans le plan sagittal face à de fortes forces de cisaillement. Peu de mouvement sous forte charge est un bon indicateur de stabilité.

Au-delà de l’exercice, cette qualité dépend de la force du core et de la résistance mobilisée.

activité musculaire abdomen

Les mouvements unilatéraux activent plus les obliques, mais la conscience et le contrôle du core peuvent faire qu’il n’y ait pas de différence significative d’activation totale entre les exercices, assurant une base solide pour une bonne exécution

Activité musculaire

Le rowing à la barre produit une plus grande activité globale des muscles du dos, y compris le bas du dos, et challenge plus la stabilité spinale en créant de fortes forces de compression et tendance à la flexion-extension.

activité musculaire dos

Les exercices en suspension conviennent à ceux qui souffrent de lombalgies et veulent éviter les forces de compression et les rotations sur la colonne

Rowing à la barre selon l’inclinaison

Selon le graphique, le rowing à la barre est le meilleur exercice bilatéral de ce type, mais il existe différentes variantes que nous allons analyser.

Il renforce les agonistes (dorsaux, rhomboïdes, trapèzes surtout), mais aussi les érecteurs du rachis, et dans une certaine mesure, les fessiers et ischio-jambiers. Bien fait, la mécanique de la hanche peut transférer favorablement avec le soulevé de terre dans la phase de flexion maximale de la hanche (début du mouvement).

Par expérience, la première image qui vient à l’esprit pour le rowing est le rowing légèrement incliné.

Loin d’être un simple complément, ce mouvement est souvent considéré comme le rowing de base, ce qui est selon moi une erreur. Le haut du corps est assez vertical (environ 70 degrés par rapport au sol), ce qui permet de déplacer plus de poids, et on associe à tort une plus grande activité musculaire que dans le rowing classique ou Pendlay.

L’activité du trapèze supérieur et des biceps est plus élevée que dans ces derniers, mais si l’objectif est de travailler le dorsal dans son ensemble (avec plus d’emphase sur dorsaux et rhomboïdes), il vaut mieux choisir les variantes suivantes.

Ce mouvement est limité en amplitude et peut clairement indiquer un manque de flexibilité (raccourcissement) de la chaîne postérieure

Conclusions

Sans exclure aucune variante, mais en cherchant toujours un entraînement le plus efficace possible, le rowing à la barre à 90º est le mouvement de traction horizontale qui sollicite le plus le dos dans son ensemble

Pour l’hypertrophie musculaire, il ne faut pas reposer la barre entre les répétitions, ou au maximum la laisser toucher légèrement le sol.

Pour la force-puissance, le Pendlay semble meilleur, à condition d’avoir une petite relaxation musculaire entre les répétitions, sans perdre la protection du core.

Sources bibliographiques

  • Bradsley, C. (2012). How do rowing exercises differ?. http://www.strengthandconditioningresearch.com. Consulté le 18 mai 2015 sur http://www.strengthandconditioningresearch.com/2012/10/24/how-do-rowing-exercises-differ/.
  • Contreras, B. (2014). How to Bent Over Row. http://bretcontreras.com/. Consulté le 18 mai 2015 sur http://bretcontreras.com/how-to-bent-over-row/
  • Fenwick, C. M., Brown, S. H., & McGill, S. M. (2009). Comparison of different rowing exercises: trunk muscle activation and lumbar spine motion, load, and stiffness. The Journal of Strength & Conditioning Research, 23(2), 350-358.

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Voici notre auteur, PowerExplosive, adepte de musculation depuis son enfance, quand il s'entraînait à la barre de traction au parc.
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