La technique de course est un élément essentiel et incontournable pour tout coureur. Travailler votre schéma moteur vous permettra de gagner en performance, d’être plus efficace sur le plan biomécanique et, surtout, de réduire le risque de blessures articulaires et musculaires.
Dans cet article, nous abordons les exercices pratiques ainsi que les piliers fondamentaux pour rééduquer votre foulée. Vous pouvez également compléter cette lecture avec notre vidéo disponible sur notre chaîne YouTube.
Sommaire
- 1 Pourquoi est-il essentiel de travailler sa technique de course ?
- 2 Les 3 piliers d’une technique de course parfaite
- 3 Est-il mauvais d’attaquer la foulée par le talon ?
- 4 Exercices de technique de course (Drills)
- 5 Le rôle de la nutrition face à la dégradation de la technique due à la fatigue
- 6 Questions fréquentes (FAQ)
Pourquoi est-il essentiel de travailler sa technique de course ?
L’être humain possède un schéma naturel de mouvement qui s’exprime dès le plus jeune âge. Cependant, la sédentarité et les mauvaises postures du quotidien raccourcissent les fléchisseurs de la hanche, affaiblissent les fessiers et altèrent notre biomécanique naturelle.
Retrouver une bonne technique de course (une véritable « réinitialisation » du système proprioceptif) permet de :
- Réduire l’impact sur les articulations.
- Améliorer l’économie de course (dépenser moins d’énergie à la même vitesse).
- Mieux exploiter l’énergie élastique des tendons et des mollets.
Les 3 piliers d’une technique de course parfaite
Pour courir de manière plus efficace, votre entraînement doit s’appuyer sur trois éléments fondamentaux :
1. La posture
Une foulée naturelle nécessite une posture droite et bien alignée. Il doit exister une ligne imaginaire partant de la cheville, passant par la hanche et le centre de gravité, jusqu’à la nuque.
| Mauvaise posture (penché vers l’avant) | Bonne posture (alignée) |
|---|---|
| Inclinaison excessive à partir des hanches | Hanches et bassin hauts, regard dirigé vers l’avant |
| Foulée trop longue vers l’avant (effet de freinage) | Impact juste sous le centre de gravité |
| Dépense énergétique plus importante et risque accru de blessure lombaire | Réduction des forces de freinage et des impacts |
2. La cadence
La cadence correspond au nombre de pas ou de contacts avec le sol par minute. Une cadence optimale (généralement située autour de 170 à 180 pas par minute, selon les personnes) réduit le temps de contact avec le sol et diminue les impacts, tout en limitant le sur-allongement de la foulée (*overstriding*).
3. Le relâchement
Courir en étant crispé provoque des contractions musculaires involontaires. Gardez les **épaules basses, les poings semi-ouverts et la mâchoire détendue** afin d’éviter une dépense énergétique inutile.
Est-il mauvais d’attaquer la foulée par le talon ?
Lorsque la foulée est excessivement allongée, le premier contact avec le sol se fait généralement par le talon. Or, le talon humain n’est pas conçu, d’un point de vue évolutif, pour absorber des impacts importants sans assistance.
Selon les études biomécaniques du Dr Daniel Lieberman (Université Harvard), les coureurs qui attaquent systématiquement la foulée par le talon (heel strike) subissent un pic transitoire de force d’impact qui n’est pas observé chez ceux qui atterrissent sur le médio-pied ou l’avant-pied. Travailler votre technique vous aidera à poser le médio-pied juste sous votre centre de gravité.
Exercices de technique de course (Drills)
Intégrer ces exercices à votre échauffement (1 à 2 fois par semaine) permettra d’ancrer progressivement le bon geste technique dans votre système neuromusculaire.
1. Skipping russe (jambes tendues)
En gardant une posture bien droite, avancez en effectuant de petits bonds avec les jambes complètement tendues. L’appui doit être réactif et s’effectuer uniquement sur l’avant-pied, au niveau des métatarses.
- Objectif : renforcer les chevilles et améliorer la réactivité du pied.
2. Bras levés et alignement postural
Courez sur des distances de 30 mètres en gardant les bras tendus au-dessus de la tête.
- Objectif : obliger la colonne vertébrale à rester droite, activer les muscles du dos (essentiels à une bonne posture) et limiter le balancement excessif du bassin.
3. Talons-fesses
Avancez en ramenant le talon vers la fesse à chaque foulée. Gardez le buste droit et accompagnez le mouvement avec les bras.
- Objectif : renforcer les ischio-jambiers et automatiser la phase de retour de la foulée.
4. Skipping haut (A-Skip)
Montez les genoux jusqu’à la hauteur des hanches de manière alternée et coordonnée, en privilégiant une fréquence élevée avec un minimum de déplacement horizontal.
- Objectif : améliorer la puissance lors de la phase de poussée et renforcer les fléchisseurs de la hanche.
Le rôle de la nutrition face à la dégradation de la technique due à la fatigue
L’un des principaux ennemis de la technique de course est la fatigue musculaire. Au fil des kilomètres, les réserves de glycogène diminuent, les muscles stabilisateurs se fatiguent et la posture a tendance à s’affaisser, ce qui augmente le risque de blessure.
Pour conserver une technique irréprochable lors des sorties longues, le soutien nutritionnel joue un rôle essentiel :
- Hydratation et électrolytes : le remplacement des sels minéraux contribue à maintenir une contraction musculaire efficace et à retarder l’apparition des crampes.
- Apport en glucides pendant l’entraînement : l’utilisation de sources d’énergie faciles à digérer aide à maintenir la glycémie, permettant ainsi au système nerveux de continuer à transmettre efficacement les signaux aux muscles afin de préserver une bonne technique de course.
Questions fréquentes (FAQ)
Combien de fois par semaine dois-je travailler ma technique de course ?
L’idéal est d’intégrer une routine de technique de course (10 à 15 minutes) pendant l’échauffement d’une ou deux séances de footing à allure facile chaque semaine.
Dois-je modifier ma foulée de manière brutale ?
Absolument pas. La transition vers une attaque médio-pied doit être très progressive. Un changement trop rapide surchargera les mollets ainsi que le tendon d’Achille. Progressez étape par étape en utilisant les exercices proposés.
Bibliographie
- Bramble, Dm et Lieberman, DE (2004), Endurance Running and the Evolution of the Genus Homo.
- Bonacci, J., Saunders, P. U., Hicks, A., et al., Running in a minimalist and lightweight shoe is not the same as running barefoot: a biomechanical study, British Journal of Sports Medicine, 2013, vol. 47, pp. 387–392.
- Calais-Germain, Blandine, Anatomie pour le mouvement, Barcelone, La Liebre de Marzo, 2011.
- Chicharro, J. L. et Sánchez, D., Fisiología y fitness para corredores, Champaign, Illinois, Producciones Prowellness, 2014.
- Cook, G., Movement Functional Movement Systems, Santa Cruz, Californie, On Target Publications, 2011.
- Daoud, Adam I., et al., Foot Strike and Injury Rates in Endurance Runners: A Retrospective Study, Medicine & Science in Sports & Exercise, American College of Sports Medicine, 2012, vol. 44, n° 7, pp. 1325–1334.
- Horack, Fay B., Postural orientation and equilibrium: what do we need to know about neural control of balance to prevent falls?, Age and Ageing, septembre 2006, vol. 35, suppl. 2, pp. ii7–ii11.
- Lieberman, Daniel E., et al., The human gluteus maximus and its role in running, The Journal of Experimental Biology, 2006, vol. 209, pp. 2143–2155.
- Tam, N., Wilson, J. L. A., Noakes, T. D. et Tucker, R., Barefoot running: an evaluation of current hypothesis, future research and clinical applications, British Journal of Sports Medicine, 2014, vol. 48, pp. 349–355.
- Van Gent, R. N., Siem, D., Van Middelkoop, M., et al., Incidence and determinants of lower extremity running injuries in long distance runners: a systematic review, British Journal of Sports Medicine, 2007, vol. 41.
- Verstegen, M. et Williams, P., Core Performance Endurance, New York, Rodale Books, 2007.
Articles associés

Blog de Fitness, Nutrition, Santé et Sport | HSN Blog Dans le Blog de HSNstore vous trouverez des conseils sur Fitness, sport en général, nutrition et santé – HSNstore.com 
