L’appli Yuka est un outil qui, bien utilisé, peut nous aider à identifier précisément certains aliments comme plus sains que d’autres.
Sommaire
Qu’est-ce que le real food ou nourriture réelle ?
Le realfood ou realfooding est un courant de vulgarisation nutritionnelle qui a pris beaucoup d’ampleur ces dernières années. Son principal porte-drapeau est le nutritionniste Carlos Ríos, même si une armée de professionnels utilise déjà les principes du célèbre realfooding dans leurs consultations.
Le concept n’est ni complexe ni nouveau : mange de la vraie nourriture et éloigne-toi des produits ultra-transformés.

Bien sûr, cela passe par éduquer la population sur ce qu’est la vraie nourriture et ce que sont les produits ultra-transformés.
Le message central du realfooding est que l’épidémie d’obésité et d’autres maladies chroniques non transmissibles est causée, en grande mais pas exclusive partie, par la consommation massive de produits ultra-transformés par la population.
Les bienfaits du real food
Le principal avantage de ce courant est qu’il met sur la table un fait indéniable : les ultra-transformés ont envahi nos vies sans qu’on s’en rende compte, et c’est quelque chose de négatif pour la santé, avec la preuve scientifique à l’appui.
Ainsi, essayer de manger plus de vraie nourriture et moins d’ultra-transformés ne peut jamais poser problème, bien au contraire…
Le problème vient plus tard, avec la manière de transmettre le message, surtout à un certain public vulnérable, comme les plus jeunes, qui pousseront le message du realfooding à l’extrême et l’utiliseront de façon négative.
Applications d’analyse de produits
Ces dernières années, plusieurs applications mobiles ont vu le jour avec un objectif très louable : simplifier les choix alimentaires de la population et les guider vers, bien sûr, des décisions plus informées et pertinentes.
Comment ça marche ?
Ces applications, en général, génèrent un score ou une note pour chaque produit concerné. Pour obtenir cette note, qui classe le produit en plus ou moins recommandable, différents critères sont utilisés.

Prenons l’exemple de l’application Yuka app.
Critères utilisés par Yuka app
- 60 % de son analyse repose sur le Nutriscore : Le célèbre modèle de feu tricolore nutritionnel qui, comme on le sait, n’est pas parfait loin de là.
- Présence d’additifs : Ces applis classent les différents additifs présents dans un produit selon le risque supposé pour la santé.
Le problème ?
- On part d’un postulat erroné : Les additifs commerciaux, aux quantités réglementées par des organismes comme l’EFSA, ont prouvé qu’ils sont sûrs, et donc ne présentent pas de danger pour le consommateur.
- Sentiment chimiophobe : Ce type de scores, loin d’informer la population, crée un sentiment chimiophobe totalement inutile et contraire à l’éthique.
- Bio ou pas : Un autre critère utilisé par Yuka app est de déterminer si un produit est bio ou non, ce qui embrouille gravement la population, car le fait qu’un produit soit bio ne le rend pas plus sain.
Quelles sont les applis real food les plus connues ?
Yuka app est celle qui a le plus gagné en popularité récemment, mais Myrealfood app monte aussi en puissance.
Pourquoi utiliser des applis santé pour bien manger
Ces applications, comme beaucoup d’autres outils, ont des avantages si on sait les utiliser.
D’une part, il est indéniable que pour un certain profil d’utilisateur, elles aideront à détecter des aliments peu sains que l’on pensait adaptés.

Si tu pensais que ces biscuits avec le slogan “améliore ta flore intestinale” ou “riches en fibres” étaient parmi les meilleurs, et que cette appli te montre qu’ils ne valent pas mieux qu’une aubergine, alors l’appli a rempli son rôle.
D’autre part, je pense qu’elles ont un autre effet positif, qui est de générer de l’intérêt chez les gens pour ce qu’ils mangent, et leur faire comprendre que leur alimentation est à l’origine de leur santé ou maladie.
Les inconvénients de leur utilisation
Cependant, il serait imprudent de nier qu’il s’agit d’outils imparfaits (tous le sont) avec des points faibles à améliorer :
Peu fiables dans bien des cas
Les critères utilisés par les algorithmes de ces applis peuvent classer mieux une boisson “sans sucre” qu’une boîte de maquereaux à l’huile, et cela, même si ce sont des cas isolés qui s’améliorent peu à peu, désinforme le public.
Encouragent la chimiophobie
Il existe un profil d’utilisateur qui utilise ces applis pour justifier et renforcer une chimiophobie qui, loin d’améliorer sa santé et son bien-être, peut les aggraver.

Je rencontre souvent en consultation des patients qui fuient certains produits transformés sains parce qu’ils contiennent tel ou tel conservateur ou stabilisant.
Basés sur des preuves scientifiques, mais pas toujours
Beaucoup d’analyses réalisées par ces applis reposent sur des “études indépendantes” qui laissent beaucoup à désirer méthodologiquement.
Réduisent la capacité de décision
Si ces outils sont utilisés pour compléter tes décisions au supermarché ou pour répondre à des doutes ponctuels, ils sont bien utilisés.
Cependant, si tu en arrives au point où tu ne peux rien acheter sans passer par Yuka, tu as un problème.
Une partie de l’éducation nutritionnelle consiste à aider à prendre de meilleures décisions par soi-même, en fonction de ses connaissances, expérience et (pourquoi pas) bon sens.

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