Le Meilleur Guide pour l’Entraînement de Sauveteur
Comment doit s’entraîner un sauveteur ? On va analyser la méthodologie recommandée si tu cherches à préparer les épreuves de sauveteur ou si tu l’es déjà.
Sommaire
- 1 Comment doit s’entraîner un sauveteur ?
- 2 Le sauveteur aquatique
- 3 Processus de noyade
- 4 Condition physique du sauveteur aquatique
- 5 Entraînement de force
- 6 Entraînement d’endurance
- 7 Protocoles d’entraînement d’endurance en sauvetage aquatique
- 8 Conseils pratiques pour l’entraînement d’endurance
- 9 Autres aspects liés à la performance en sauvetage aquatique
- 10 Conclusions
- 11 Sources bibliographiques
- 12 Articles liés
Comment doit s’entraîner un sauveteur ?
Dans cet article, on va voir quels sont les paramètres qui doivent faire partie de l’entraînement d’un sauveteur aquatique professionnel, surtout ceux liés au développement de la condition physique et aux aspects techniques les plus spécifiques de son métier.
Le sauveteur aquatique
Les sauveteurs jouent un rôle important dans la sécurité publique. Leur condition physique a un impact direct et crucial sur leur capacité à réaliser des sauvetages efficacement, que ce soit dans des installations aquatiques ou en milieu naturel.
Un plan d’entraînement physique adapté aux besoins de leur métier, ainsi que des stratégies alimentaires appropriées, seront essentiels pour maintenir une bonne condition physique.

Un point très important pour être un bon pro (Palacios, 2008)
Processus de noyade
Avant de commencer à énumérer les aspects les plus importants de l’entraînement du sauveteur, il est essentiel d’expliquer comment se produit la noyade par immersion :
- Au début, la personne dans l’eau souffre d’une insuffisance respiratoire car elle ne parvient pas à garder la tête hors de l’eau.
- Ensuite, une réaction de panique survient (Olshaker, 2004).
- À ce moment, la personne retient sa respiration et lutte vigoureusement pour rester à flot.
- Cela ne dure que quelques secondes avant qu’une inspiration forcée se produise, faisant entrer de l’eau dans le larynx et le pharynx.
- Tout ce processus ne dépasse pas 2 minutes (Orlowsky, 1987).
C’est là que commence l’hypoxie cérébrale, car l’ingestion de liquide (eau dans ce cas) provoque une perte de conscience, qui entraînera un arrêt respiratoire puis un arrêt cardiaque et la mort (Orlowski et al, 1989).
Condition physique du sauveteur aquatique
Le sauveteur aquatique, surtout celui qui travaille en milieu naturel, est exposé à des conditions climatiques changeantes chaque jour
Pour toutes ces raisons, le sauveteur doit inclure dans son entraînement un développement complet de toutes les capacités physiques (Palacios, 2008). De plus, il doit adapter tous les aspects liés à la force, la vitesse et l’endurance aux exigences de son métier.
Entraînement de force
L’entraînement de force sera fondamental car le sauveteur doit nager des distances moyennes à haute intensité et être capable de déplacer les victimes de noyade aussi bien dans l’eau (contrôles, rotations, tractions, prises) qu’en dehors (extractions et levées de victimes) (Reilly et al, 2006).
L’entraînement de force du sauveteur se concentrera sur le développement de la force dynamique, capable de tourner, tracter et soulever une victime.

Le travail doit être réparti entre le haut et le bas du corps
La créatine est un supplément lié à l’entraînement de force pour l’optimiser, augmenter la force maximale et la récupération musculaire.
Force-endurance
Enfin, pour le sauvetage aquatique, le sauveteur doit développer la résistance à la force pendant la nage, car entre la phase d’approche de la victime et le retour à la rive, le temps de sauvetage peut souvent dépasser les 5 minutes (Barcala-Furelos et al, 2016).
Les exercices de force peuvent aller de :
- Exercices généraux (squats, soulevé de terre, développé couché, tractions), à
- Exercices spécifiques (simulation de mouvements de nage avec élastiques, extensions de jambes avec résistance, etc.).
L’objectif du sauveteur dans l’entraînement de force sera d’augmenter la capacité à générer de la tension, c’est-à-dire augmenter la force musculaire pour ensuite réaliser des exercices spécifiques dans l’eau, où la résistance à la fatigue musculaire sera cruciale pour supporter des sauvetages de 100, 200 voire 300 mètres.
Entraînement de vitesse
Le sauveteur aquatique n’est généralement pas impliqué dans des tâches de vitesse pure (efforts explosifs de 5-10 secondes)
Les sauvetages les plus courts en milieu naturel se produisent généralement à 30-40 mètres du bord.
De plus, le sauveteur peut couvrir une zone de surveillance de 100 mètres de large, donc un sauvetage peut durer en moyenne 50-60 secondes entre la course vers la zone d’incident, l’entrée dans l’eau, la nage jusqu’à la victime, le contrôle et le transport jusqu’au bord, puis l’extraction à terre.

Cela, dans le meilleur des cas
Entraînement d’endurance
Les besoins énergétiques d’un sauvetage aquatique, quelle que soit la distance, sont très élevés (Prieto et al, 2010)
Cela a été démontré en analysant trois paramètres principaux liés à la performance :
Fréquence cardiaque
La fréquence cardiaque est la variable la plus étudiée en physiologie de l’exercice
On sait qu’elle augmente de façon linéaire avec l’intensité de l’exercice, ce qui en fait une bonne référence pour mesurer l’intensité des charges de travail (López-Chicharro et Fernández-Vaquero, 2006).
Consommation maximale d’oxygène
Ce terme fait référence à la quantité d’oxygène que le corps est capable de capter, transporter et utiliser par unité de temps (López-Chicharro et Fernández-Vaquero, 2006).
C’est un indicateur de la capacité fonctionnelle, c’est-à-dire de la puissance aérobie. La demande en consommation d’oxygène pendant un sauvetage aquatique est aussi élevée, dépassant souvent 80 % du VO2 max (Prieto et al, 2001 ; Reilly et al, 2006).
Lactate sanguin
Enfin, le lactate est un produit dérivé de l’acide lactique, un composé qui, à cause de sa forte acidité, est presque entièrement dissous en lactate et H+.
Le lactate et le H+ ont été étudiés pour leur lien avec la fatigue pendant l’exercice (López-Chicharro et Fernández-Vaquero, 2006).
En sauvetage aquatique, il a été démontré que des sauvetages de 50 à 200 mètres provoquent une accumulation de plus de 9 mmol/L, aussi bien en piscine (Gulbin et al, 1996 ; Prieto et al, 2001) qu’à la plage (Reilly et al, 2006 ; Salvador et al, 2014).

Grâce à toutes ces études, on peut deviner comment doit être l’entraînement d’endurance d’un sauveteur aquatique
La Bêta-Alanine est un des suppléments les mieux documentés pour contrer l’effet du lactate et la fatigue afin d’améliorer la performance sportive.
Protocoles d’entraînement d’endurance en sauvetage aquatique
Du point de vue de l’entraînement, le sauvetage aquatique (entre 200 et 400 m) se définit comme une épreuve d’endurance de durée moyenne (EDM), comme le 400 m nage libre ou même le 200 m si le nageur réalise la distance en plus de 2 minutes.
Protocoles d’entraînement en zones aérobies
Ils peuvent être continus ou fractionnés
Pour améliorer la capacité aérobie du sauveteur, les entraînements continus et fractionnés à des intensités proches du VO2 max augmentent la capacité à maintenir des efforts intenses sans entrer en acidose.
Protocoles en zones anaérobies
Ils sont généralement fractionnés
En se concentrant sur la puissance aérobie, les entraînements fractionnés à intensités proches ou légèrement supérieures au VO2 MAX stimulent au maximum les métabolismes aérobie et anaérobie, améliorant simultanément le VO2 max et la capacité anaérobie.
D’autre part, l’entraînement anaérobie lactique vise à utiliser la glycolyse anaérobie comme source d’énergie.
Conseils pratiques pour l’entraînement d’endurance
En tenant compte de tout cela, le plus important à travailler pour améliorer la performance lors d’un sauvetage aquatique serait :
Capacité aérobie
Essentielle pour maintenir une intensité proche du VO2 max pendant tout le sauvetage
Pour entraîner la capacité aérobie, dont l’objectif est de prolonger le temps passé à des intensités proches du VO2 max, on peut utiliser une méthode de répétitions appelée “Fractionné intensif sur distances moyennes (200-500 m)”.
Cette méthode vise à stimuler l’absorption et le maintien du VO2 max. On utilise des distances de 200 à 500 mètres pour un total de 1200-1800 m afin d’avoir une durée de nage suffisante pour atteindre la consommation maximale d’oxygène.
Puissance aérobie
Le VO2 max est utilisé au maximum, donc l’intensité doit être élevée
Pour entraîner la puissance aérobie, dont l’objectif est d’augmenter la consommation maximale d’oxygène (VO2 max), on peut utiliser une méthode de répétitions appelée “Fractionné intensif sur distances courtes (50-150 m)”.
Cet entraînement consiste à réaliser des efforts très intenses sur des distances courtes (50-150 m) pour un total de 1600-2000 m. La fréquence cardiaque sera entre 15 et 5 bpm en dessous de la FCM pendant 80 % du temps, et 20 % du temps à intensité maximale (95-100 % FCM).
Capacité anaérobie
Importante pour supporter des concentrations élevées de lactate une fois le VO2 max atteint
L’endurance anaérobie lactique permet au nageur de maintenir des vitesses élevées en utilisant la glycolyse anaérobie comme source d’énergie malgré la baisse du pH et l’accumulation d’acide lactique.
Cette orientation est particulièrement importante pour les nageurs de 200 et 400 mètres, distances typiques des sauvetages aquatiques en milieu naturel.

Les niveaux de lactate devraient monter presque au maximum et rester élevés le plus longtemps possible
Autres aspects liés à la performance en sauvetage aquatique
Maîtrise du milieu aquatique
Le sauveteur ne doit pas seulement savoir nager, il doit maîtriser le milieu aquatique et toutes ses caractéristiques, surtout en milieu naturel comme les plages (Palacios, 2008).
La maîtrise du milieu aquatique est fondamentale, car sans elle, un sauvetage efficace est difficile.
- Entrée dans l’eau,
- Nage d’approche de la victime,
- Techniques de contrôle de la victime, et
- Techniques de transport jusqu’à la terre ferme.
Utilisation du matériel de sauvetage
Le domaine du sauvetage aquatique évolue constamment, avec de nouveaux matériels conçus pour améliorer la performance du sauveteur lors du sauvetage
L’utilisation de matériels de sauvetage « à main », sans compter les embarcations, a montré une grande efficacité pour faciliter et réduire le temps de sauvetage (Palacios, 2012).
Parmi ces matériels, les palmes sont les plus étudiées et celles qui ont montré le plus d’avantages. Les palmes facilitent une position correcte de la victime pendant le sauvetage, augmentent la sécurité et réduisent le temps de sauvetage, que ce soit en plage ou en piscine, avec un impact plus important sur les sauvetages de longues distances (Palacios, 2008).

Dans une étude sur des sauvetages en plage (Palacios, 2010), l’utilisation de palmes à voilure courte a réduit de 10 % le temps total sur un sauvetage de 50 mètres, et les palmes à voilure longue de 13 %
Enfin, sur un sauvetage de 100 mètres, les palmes à voilure courte ont permis un gain de 15 % par rapport au sauvetage sans matériel, et les palmes à voilure longue, un gain de 18 %.
Dans une étude plus récente (Sanz-Arribas, 2017), il a été démontré que l’utilisation de palmes améliore le temps de sauvetage, surtout chez les sauveteurs avec un faible niveau de compétence.
Conclusions
On peut conclure cet article en disant que, quelle que soit la distance à parcourir, le sauveteur subit une forte sollicitation physique lors d’un sauvetage aquatique
Les valeurs de fréquence cardiaque et de consommation d’oxygène sont très élevées (plus de 80 % du maximum), ce qui montre une forte demande de capacité aérobie pendant le sauvetage.
De plus, les valeurs de lactate sanguin sont aussi très élevées (>9 mmol.L-1), aussi bien sur des sauvetages courts (50 mètres) que longs (300 mètres), ce qui indique aussi une forte participation du métabolisme anaérobie.
Enfin, il faut garder en tête que la maîtrise du milieu aquatique est essentielle pour réussir un sauvetage, surtout en milieu naturel.
Sources bibliographiques
- Barcala-Fuerlos, R., Abelairas-Gómez, C., Romo-Pérez, V., et Palacios-Aguilar, P. (2013). Effect of physical fatigue on the quality of CPR: a water rescue study of lifeguards physical fatigue and quality CPR in a water rescue. American Journal of Emergency Medicine. 31: 473-477.
- Barcala-Furelos, R., Szpilman, D., Palacios, J., Costas-Veiga, J., Abelairas-Gómez, C, Bores-Cerezal, A., López-García, S., et Rodríguez-Núñez A. (2016). Assessing the efficacy of rescue equipment in lifeguard resuscitation efforts for drowning. American Journal of Emergency Medicine. 34(3): 480-485.
- Gulbin, J. P., Fell, J. W., et Gaffney, P. T. (1996). A physiological profile of elite surf ironmen, full time lifeguards y patrolling surf life savers. The Australian Journal of Science and Medicine in Sport. 28(3): 86-90.
- López-Chicharro, J., et Fernández-Vaquero, A. (2006). Physiologie de l’exercice. 3e édition. Editorial Panamericana. Barcelone.
- Olshaker, J. S. (2004). Submersion. Emergency Medicine Clinics North of America. 22(2): 357.
- Orlowski, J. P., Abulleil, M. M., et Phillips, J. M. (1989). The hemodynamic and cardiovascular effects of near-drowning in hypotonic, isotonic or hypertonic solutions. Annual Emergency Medicine. 18: 1044-1049.
- Palacios-Aguilar, J. (2010). Le sauvetage aujourd’hui, une activité vitale et de plus en plus complexe : le bénéfice de l’utilisation des palmes en sauvetage aquatique. IV Congrès international de sauvetage aquatique, secours et réanimation cardio-pulmonaire. 24, 25 et 26 septembre 2010 ; Posadas. Misiones. Argentine.
- Palacios-Aguilar, J. (2012). L’importance de la formation dans les activités aquatiques, le sauvetage et le secours. Techniques à intégrer dans le sauvetage : le bénéfice de l’utilisation des palmes en sauvetage aquatique. II Congrès international des activités aquatiques, sauvetage et secours. 12, 13 et 14 octobre 2012. Posadas. Misiones. Argentine.
- Prieto-Saborit, J.A., Egocheaga-Rodríguez, J., González-Díez, V., Montoliu-Sanclement, M.A., et Alameda, J.C. (2001). Détermination de la demande énergétique lors d’un sauvetage en plage avec et sans matériel auxiliaire. Selección, 10(4), 211-220.
- Prieto, J.A., Del Valle, M., González, V., Montoliu, M.A., Nistal, P., Egocheaga, J. et al. (2010). Réponse physiologique des sauveteurs de plage lors d’une simulation de sauvetage avec surf. Ergonomics, 5(9), 1140-1150.
- Reilly, C., Iggleden, M., et Tipton, M. (2006a). Normes de condition physique professionnelle pour sauveteurs de plage. Phase 1 : les exigences physiologiques du sauvetage de plage. Occupational Medicine, 56, 6-11.
- Salvador, A., Penteado, R., Lisboa, F., Corvino, R., Peduzzi, E., et Caputo, F. (2014). Réponses physiologiques et métaboliques à une simulation de sauvetage en surf beach lifeguarding. Journal of Exercise Physiology, 17(3), 21-31.
- Sanz-Arribas, I., Aguado-Gómez, R., et Martínez-de-Haro, V. (2017). Influence des palmes sur le temps d’exécution lors des sauvetages de victimes en arrêt cardiorespiratoire. Retos. 31. 133-136
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