Les polyphénols pourraient-ils prévenir la sarcopénie ?

Les polyphénols pourraient-ils prévenir la sarcopénie ?

Aujourd’hui, on parle du rôle que les polyphénols peuvent jouer pour prévenir ou retarder la sarcopénie.

Sarcopénie, « nouvelle » épidémie

La sarcopénie, ou déficit relatif de masse musculaire, est une épidémie silencieuse.

De plus en plus, au niveau de la population, on a plus de graisse et moins de muscle. Ce qui, comme on peut s’y attendre, a des conséquences directes sur la santé et la qualité de vie.

Ainsi, chercheurs et cliniciens du monde entier développent des stratégies pour prévenir ou retarder la sarcopénie.

On te recommande de visiter cet article qui approfondit la sarcopénie.

Dysfonction mitochondriale

Même si les mécanismes ne sont pas encore totalement clairs, il semble qu’un élément sous-tend cette dégradation progressive du tissu musculaire : la dysfonction mitochondriale.

Ce fonctionnement anormal de nos mitochondries génère un stress oxydatif accru dans la cellule musculaire, ce qui provoque à son tour plus d’inflammation et détériore lentement mais sûrement le muscle.

Causes

Le mauvais fonctionnement mitochondrial découle de nombreuses situations, les plus fréquentes dans notre environnement étant :

  • Désuétude : on est des êtres sédentaires. On croit pouvoir se passer de bouger.
  • Dénervation : quand un muscle n’est pas innervé, c’est-à-dire qu’il ne reçoit pas d’afférences nerveuses, il diminue de taille et s’atrophie.
  • Malnutrition : surtout la malnutrition protéique, car beaucoup de cascades de signalisation anaboliques dépendent du statut énergétique de la cellule.
  • Vieillissement : c’est le seul facteur qu’on ne peut pas encore éliminer.
  • Maladie chronique : dans cette catégorie, il est intéressant de mentionner les maladies neuromusculaires qui affectent de façon dévastatrice le muscle, comme les dystrophies musculaires.

Eviter sarcopenia

Comme on disait plus haut, une partie des stratégies conçues pour freiner cette épidémie sont des stratégies nutritionnelles.

Voici les fameux polyphénols, composés bioactifs d’origine végétale qui semblent intéressants pour limiter la perte et la dégradation du tissu musculaire.

Comment agissent les polyphénols sur le muscle ?

Les polyphénols exercent un effet bénéfique sur la synthèse protéique musculaire et la prévention de la dégradation protéique via l’activation des voies de signalisation SIRT1>PGC1a>MTOR.

Parmi les autres actions principales de ces composés bioactifs sur le muscle squelettique, on trouve :

  • Diminution des myokines et cytokines inflammatoires
  • Moins de stress oxydatif
  • Meilleur fonctionnement mitochondrial
  • Atténuation de la voie ubiquitine-protéasome impliquée dans la dégradation musculaire grâce à des composés comme les catéchines présentes dans le thé vert.

Antioxidants

On se régale avec des myrtilles.

À noter les effets métaboliques : Prenons l’exemple de l’oligonol, un polyphénol dérivé du litchi, qui possède des propriétés antidiabétiques, anti-obésité et qui, chez des rats diabétiques, atténue la perte de masse musculaire.

Quels sont les usages potentiels des polyphénols comme agents protecteurs du muscle ?

Sans aucun doute, voici les bénéficiaires potentiels des polyphénols et de leur action sur le muscle qui me viennent en tête :

  • Personnes âgées, à cause de l’âge, de la plus grande résistance anabolique ou de la moindre consommation de protéines, pour ne citer que quelques facteurs.
  • Obésité sarcopénique. Plus de 50 % de la population, rien que ça, a un excès d’adiposité et un déficit relatif de muscle, donc beaucoup de candidats ici.
  • Immobilisation due à une maladie ou une blessure, par exemple. Rien ne détériore autant le muscle que le alitement hospitalier et l’immobilisation.
  • Dénervation, suite à des blessures comme celles causées par un accident de la route.
  • Malnutrition protéique. Heureusement, c’est une catégorie qu’on ne devrait pas voir souvent en Occident.
  • Cacoxie, situation de malnutrition extrême généralement causée par une noxa ou une maladie, le cancer étant la plus fréquente.

Fruits et légumes

Sources de polyphénols.

Quels groupes de polyphénols connaît-on ?

Pour l’instant, on connaît quatre grands groupes de polyphénols :

Dérivés de l’acide phénolique

  • Acide gallique
  • Curcumine
  • Acide caféique
  • Hydroxytyrosol
  • Tyrosol

Flavonoïdes

  • Quercétine
  • Miracétine
  • Oligonol
  • Catéchines
  • Apigénine

Stilbènes

Le resvératrol étant le plus représentatif.

Lignanes

Comme le magnolol.

Quels aliments contiennent des polyphénols ?

PolyphénolAliments
Acide benzoïqueThé vert et beaucoup de types de fruits
Acide cinnamiqueCafé et beaucoup de légumes
CurcumineCurcuma
Grande variétéHuile d’olive
FlavonesPersil, poivre noir ou thym
FlavonoïdesOignon, kale, tomate, brocoli ou thé noir
IsoflavonesLégumineuses, soja, tofu et miso
AnthocyaninesFraises, prunes, raisins noirs, mûres, cerises
Stilbènes (resvératrol)Myrtilles et fruits rouges en général, raisins, cacahuètes
MagnololGraines et fruits secs

Y a-t-il d’autres molécules avec des effets similaires ?

D’autres molécules aux effets antioxydants et anti-inflammatoires sont la mélatonine, la coenzyme Q10, la créatine, la vitamine D et la E.

Conclusions

Inutile de préciser que les polyphénols sont des substances très intéressantes pour leurs propriétés bioactives et leur rôle dans des conditions aussi répandues que la sarcopénie.

Cela dit, la plupart des études réalisées sont basiques (sur animaux), donc il reste beaucoup d’essais cliniques à faire avant de confirmer de manière solide et définitive le bénéfice de ces substances, qui par ailleurs semble évident.

Cependant, une réflexion me vient à l’esprit :

« …Quand les professionnels de santé rappellent l’importance de consommer fruits et légumes, ce n’est pas toujours pour les raisons les plus évidentes : ils apportent vitamines, minéraux, peu de calories et beaucoup de fibres… »

On ne peut pas oublier que ces composés phénoliques et beaucoup d’autres composés bioactifs vivent exclusivement dans le royaume végétal et que :

Un régime incluant une large variété de fruits et légumes, ainsi que des graines et fruits secs, sera naturellement riche en composés phénoliques.

Régime

Tandis qu’un régime basé sur des produits ultra-transformés te privera du potentiel bénéfice de ces substances pour ta santé.

On se retrouve au prochain post, et continue à t’empower !

Sources bibliographiques

  1. Salucci S, Falcieri E. Polyphenols and their potential role in preventing skeletal muscle atrophy [Internet]. Vol. 74, Nutrition Research. Elsevier Inc.; 2020 [cité le 9 févr. 2020]. p. 10–22.

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