La popularité des sports d’endurance a connu une croissance exponentielle. De plus en plus de sportifs se lancent sur des distances telles que le semi-marathon, le marathon, l’ultramarathon ou le triathlon longue distance (Ironman), lors de compétitions qui nécessitent des efforts allant de 2 à plus de 15 heures.
À ce niveau d’exigence, l’entraînement physique ne suffit pas. Optimiser les performances grâce à une nutrition sportive adaptée fait toute la différence entre franchir la ligne d’arrivée en pleine forme ou se heurter à la redoutable fatigue extrême, communément appelée « frapper le mur ».
Quels sont les facteurs responsables de la fatigue en course à pied et en triathlon ?
Pour les activités continues dépassant 45 à 60 minutes, la fatigue n’est pas uniquement liée aux dommages musculaires. Plusieurs facteurs limitants interviennent au niveau systémique et métabolique :
- Épuisement des réserves de glycogène : le principal carburant des muscles.
- Déshydratation et perte d’électrolytes : elles affectent la contraction musculaire et la thermorégulation.
- Troubles gastro-intestinaux : très fréquents en raison d’un apport inadapté en liquides ou en nutriments hyperosmotiques pendant l’effort.
- Fatigue du système nerveux central (SNC) : diminution de la capacité du cerveau à envoyer efficacement les signaux aux muscles.
La stratégie en glucides : le principal carburant
Le glycogène musculaire et le glucose sanguin sont les substrats énergétiques les plus importants. Les recommandations actuelles de l’American College of Sports Medicine (ACSM) indiquent que le maintien d’une disponibilité élevée en glucides est essentiel pour conserver une intensité d’effort élevée.
1. Charge glucidique avant la compétition
Une supercompensation des réserves de glycogène réalisée dans les jours précédant la compétition peut améliorer les performances lors d’épreuves de plus de 90 minutes.
Les besoins varient entre 5 et 12 g de glucides par kg de poids corporel et par jour, selon le niveau du sportif. Il est recommandé de privilégier des sources à faible indice glycémique et de réduire les apports en fibres durant les 24 heures précédant la compétition afin de limiter les inconforts digestifs.
2. Apport en glucides pendant l’effort
Pendant la course, l’objectif est de maintenir la glycémie et d’économiser les réserves de glycogène hépatique. Les données scientifiques actuelles (issues notamment des travaux d’Asker Jeukendrup) établissent les recommandations suivantes selon la durée de l’effort :
| Durée de l’effort | Quantité recommandée de glucides | Type de glucides recommandé |
|---|---|---|
| Moins de 45 min | Pas strictement nécessaire | Eau |
| 45 à 75 minutes | Bains de bouche ou petites prises | Glucides à assimilation rapide |
| 1 à 2,5 heures | 30 à 60 g par heure | Source unique (glucose / maltodextrine) |
| Plus de 2,5 heures | 60 à 90 g (jusqu’à 120 g chez les athlètes d’élite) par heure | Association de plusieurs glucides (ratio 2:1 glucose:fructose ou cyclodextrine) |
📌 Conseil HSN : L’intestin possède une capacité d’absorption limitée. Si vous souhaitez tolérer plus de 60 g/h sans inconfort gastrique, privilégiez des formulations avancées combinant différentes voies d’absorption, comme un mélange d’amylopectine ou de cyclodextrine avec de la fructose (ratio 2:1 ou 1:0.8).
Hydratation et électrolytes : avant et pendant l’épreuve
Commencer un effort en étant déshydraté est tout aussi préjudiciable qu’une hyperhydratation (qui peut conduire à une hyponatrémie). Les pertes liées à la transpiration doivent être compensées en limitant la perte de masse corporelle à un maximum de 2 à 3 %.
- Pré-hydratation : boire progressivement entre 5 et 7 ml/kg de poids corporel environ 4 heures avant le départ.
- Pendant l’effort : consommer des liquides contenant des électrolytes, notamment du sodium, afin de favoriser la rétention d’eau et l’absorption des glucides au niveau de la paroi intestinale.
La caféine comme aide ergogène pour les sports d’endurance
La caféine bénéficie du niveau de preuve scientifique le plus élevé (niveau A) en tant qu’aide à la performance sportive. Elle n’agit pas uniquement au niveau métabolique, mais réduit également la perception de l’effort (RPE) au niveau du système nerveux central.
Protocole d’utilisation recommandé :
- Dose : entre 3 et 6 mg par kg de poids corporel.
- Moment de la prise : 45 à 60 minutes avant l’épreuve ou, de manière stratégique, durant la seconde moitié d’une course longue afin de limiter la fatigue mentale.
- Format : disponible sous forme de supplément seul ou intégré dans des boissons énergétiques et des gels de nutrition sportive.
Conclusions pour les sportifs d’endurance
Pour franchir la ligne d’arrivée dans les meilleures conditions, ne laissez pas votre nutrition au hasard. Suivez ces trois principes essentiels :
- Commencez l’épreuve avec des réserves de glycogène pleinement reconstituées.
- Apportez régulièrement des glucides pendant l’effort (30 à 90 g/h) en ayant préalablement entraîné votre système digestif à les tolérer.
- Suivez un protocole d’hydratation adapté incluant un apport en sodium.
Mettre en place une stratégie nutritionnelle individualisée est indispensable. Vous pouvez explorer la catégorie des ingrédients Énergie et Endurance afin de préparer la boisson ou la formule la mieux adaptée à vos besoins énergétiques et à votre tolérance digestive.
Références bibliographiques
- Asker, E. J. (2011). Nutrition for endurance sports: Marathon, triathlon, and road cycling. Journal of Sports Sciences; 29(S1): S91–S99.
- Burke, L. M., Hawley, J. A., Wong, S. H. S., & Jeukendrup, A. (2011). Carbohydrates for training and competition. Journal of Sports Sciences.
- Cox, G. R., Desbrow, B., Montgomery, P. G., Anderson, M. E., Bruce, C. R., Macrides, T. A. et al. (2002). Effect of different protocols of caffeine intake on metabolism and endurance performance. Journal of Applied Physiology, 93, 990–999.
- Hargreaves, M., Hawley, J. A., & Jeukendrup, A. (2004). Pre-exercise carbohydrate and fat ingestion: Effects on metabolism and performance. Journal of Sports Sciences, 22, 31–38.
- Jeukendrup, A. E. (2004). Carbohydrate intake during exercise and performance. Nutrition, 20, 669–677.
- Jeukendrup, A. (2008). Carbohydrate feeding during exercise. European Journal of Sport Science, 8, 77–86.
- Jeukendrup, A. E., & Chambers, E. S. (2010). Oral carbohydrate sensing and exercise performance. Current Opinion in Clinical Nutrition and Metabolic Care, 13, 447–451.
- Rodriguez, N. R., Di Marco, N. M., & Langley, S. (2009). American College of Sports Medicine position stand: Nutrition and athletic performance. Medicine and Science in Sports and Exercise, 41, 709–731.
- Sawka, M. N., Burke, L. M., Eichner, E. R., Maughan, R. J., Montain, S. J., & Stachenfeld, N. S. (2007). American College of Sports Medicine position stand: Exercise and fluid replacement. Medicine and Science in Sports and Exercise, 39, 377–390.
- Smith, J. W., Zachwieja, J. J., Horswill, C. A., Pascoe, D. D., Passe, D., Ruby, B. C. et al. (2010a). Evidence of a carbohydrate dose and prolonged exercise performance relationship. Medicine and Science in Sports and Exercise, 42 (5), 84.
Articles associés

Blog de Fitness, Nutrition, Santé et Sport | HSN Blog Dans le Blog de HSNstore vous trouverez des conseils sur Fitness, sport en général, nutrition et santé – HSNstore.com 
