Que se passe-t-il en utilisant des chaussures d’haltérophilie et des chaussures à talons ?

Que se passe-t-il en utilisant des chaussures d’haltérophilie et des chaussures à talons ?

Les chaussures d’haltérophilie et les chaussures à talons partagent la caractéristique de surélever le talon au-dessus de l’horizontale ; soit pour améliorer des mouvements comme le squat, soit pour paraître plus élancée, respectivement.

Le muscle squelettique est un tissu très malléable qui peut s’adapter tant morphologiquement que fonctionnellement à des altérations chroniques de la charge mécanique. Ces deux types de chaussures ont en commun de placer les unités musculo-tendineuses dans une position raccourcie par rapport à l’anatomie. En d’autres termes, l’articulation de la cheville est forcée de rester en flexion plantaire temporairement.

Les changements de plasticité dus aux modifications des exigences fonctionnelles se manifestent non seulement par des modifications de la longueur et de la pennation (angle d’orientation des fibres) des muscles squelettiques, mais aussi des tendons. Ces tissus mous sont mécaniquement sensibles et peuvent aussi ajuster leur taille et leurs propriétés élastiques pour maintenir une tension constante lorsque les forces qui s’exercent sur eux augmentent ou diminuent.

En conséquence, le tendon d’Achille répondra de manière marquée à tout changement dans le comportement contractile des muscles fléchisseurs plantaires induit par le port habituel à long terme de talons (on entend par là le port de talons de 3-5 cm au moins 4 fois par semaine pendant deux ans). Un nombre croissant de preuves montre que le port de ce type de chaussures est associé à une augmentation des forces de réaction au sol, surtout dans le cas des chaussures à talons aiguilles (surface de contact plus petite pour supporter un même poids corporel total), ce qui indique une activité musculaire plus élevée et des forces axiales plus importantes sur le tendon d’Achille. Cela déclencherait des changements tels que :

  • Hypertrophie du tendon
  • Réduction de la longueur des sarcomères du muscle gastrocnémien, forçant ce muscle à agir dans une zone défavorable de sa courbe longueur-tension
  • Augmentation de la rigidité du complexe tendon-aponevrose
  • Angles plus importants de flexion plantaire de la cheville au repos.

Ce qui entraînerait à son tour des modifications des propriétés mécaniques du tendon d’Achille modifiant sa fonctionnalité, ce qui est vraiment intéressant. Parmi elles, on noterait la tendance à l’inversion du pied (rotation interne, supination) et une moindre capacité à réaliser une dorsiflexion dans des plages optimales, ce qui, par chaînes musculaires, pourrait entraîner des altérations structurelles dans d’autres zones anatomiques.

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En effet, en marchant sur des talons, le centre de masse corporel est élevé et déplacé vers l’avant, ce qui oblige les fléchisseurs plantaires à générer des couples de force de décollage du sol plus élevés pendant la locomotion, probablement pour contrer les effets déstabilisateurs causés par la force de réaction au sol.

C’est ainsi qu’on peut expliquer les douleurs musculaires de celles qui marchent régulièrement en talons lorsqu’elles chaussent des chaussures plates, surtout chez les femmes

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Résumé

En conclusion, porter régulièrement des chaussures à talons ou des chaussures d’haltérophilie réduit l’amplitude active de mouvement de la cheville à cause des adaptations musculo-tendineuses et aponévrotiques résultant des changements dans la demande fonctionnelle.

C’est pourquoi, pour l’entraînement, il est recommandé de travailler la dorsiflexion même si on utilise des chaussures d’haltérophilie pour progresser dans certains exercices. Le port de chaussures à talons chez les femmes est, d’un autre côté, très esthétique, mais cela ne justifie pas leur usage quotidien du point de vue de l’anatomie structurelle.

Sources

  • Cronin, N. J., Barrett, R. S., & Carty, C. P. (2012). Long-term use of high-heeled shoes alters the neuromechanics of human walking. Journal of Applied Physiology, 112(6), 1054-1058.
  • Csapo, R., Maganaris, C. N., Seynnes, O. R., & Narici, M. V. (2010). On muscle, tendon and high heels. The Journal of experimental biology, 213(15), 2582-2588.
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Au sujet Melanie Ramos
Melanie Ramos
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