Les modes de vie sédentaires sont l’un des principaux facteurs du syndrome métabolique et des maladies non transmissibles, et constituent donc un facteur majeur de morbidité (développement de maladies dans une population) et de mortalité
C’est vrai, nous avons choisi un titre qui au-delà d’un titre est davantage un spoiler.
Sommaire
- 1 Nécessité d’une prise de conscience
- 2 À quoi ressemble le quotidien d’une personne sédentaire ?
- 3 La sédentarité, un problème de santé publique
- 4 Inactivité physique et risques pour la santé
- 5 Sédentarité et développement des maladies non transmissibles
- 6 Sédentarité et coûts économiques
- 7 Quels sont les facteurs qui font qu’une personne est physiquement active ou non ?
- 8 Levez-vous de votre chaise !
- 9 Que faire si l’on est obligé de rester assis longtemps ?
- 10 L’activité physique comme agent protecteur
- 11 Étude sur l’activité physique et le risque de mortalité
- 12 1 heure d’activité par jour
- 13 Pourquoi regarder la TV « augmente le risque de mortalité » ?
- 14 Manque de temps pour faire du sport ?
- 15 Conclusion
- 16 Sources Bibliographiques
- 17 Articles Liés
Nécessité d’une prise de conscience
Par ailleurs, cela me rendrait profondément heureux si vous arrêtiez votre lecture ici car vous avez saisi le message et vous avez décidé d’appliquer les changements pertinents à votre style de vie afin d’éviter que ce sédentarisme ne vous « tue »
Je sais que presque tout le monde est au courant, ou du moins a une idée claire, du fait qu’il est sain de faire du sport/bouger/rester actif

À quoi ressemble le quotidien d’une personne sédentaire ?
- Elle sort du lit, s’habille et s’asseoit pour petit-déjeuner.
- Elle prend la voiture pour aller au travail (assise), se met devant son ordinateur (assise), déjeune (assise), poursuit sa journée de travail (assise), rentre chez elle en voiture (assise)…
- Elle s’asseoit dans le canapé pour se reposer en regardant la télé et en mangeant quelque chose (assis), se rend au supermarché en voiture (assis), effectue ses achats (activité très légère), rentre à la maison en voiture (assis), dîne tandis qu’elle allume son compte Netflix/HBO (assis) et va se coucher.
Cette personne aura passé, Plus ou moins, sur les 24 heures de la journée, environ 21 heures assise ou allongée et 3 heures debout ou à faire une activité légère

On pourrait même dire, sans trop craindre de se tromper, que pendant ces 3 heures debout, elle a utilisé des ascenseurs ou des escaliers roulants
La sédentarité, un problème de santé publique
Il existe 3 piliers qui justifient qu’un problème de santé publique devienne une priorité :
- Prévalence et évolution du problème : Les situations affectant un grand nombre de personnes ou impliquant un facteur de risque clair en expansion seront traitées.
- Ampleur du risque associé à l’exposition au problème : Par exemple, selon l’OMS, la consommation de viandes transformées et le tabagisme sont des facteurs de risque de cancer, mais le risque lié au tabagisme est beaucoup plus élevé que celui lié à la viande rouge. Par conséquent, les mesures de lutte contre le tabagisme primeraient sur les mesures de lutte contre la consommation de ces produits carnés.
- Preuve de l’efficacité de la prévention et du contrôle : Dans le prolongement de l’exemple précédent, on sait que le fait d’éviter le tabagisme est une stratégie très efficace pour prévenir de nombreux types de cancer, c’est pourquoi on élabore des stratégies globales de prévention.

Inactivité physique et risques pour la santé
Évaluer les conséquences d’un mode de vie sédentaire
Dans ce contexte, une méta-analyse a été publiée en 2015 dans le but d’évaluer l’association entre le temps d’inactivité et ses conséquences sur la santé, indépendamment de l’activité physique.
En d’autres termes, l’objectif était de voir si les heures de vie sédentaire sont néfastes à proprement parler
Les facteurs de santé liés à la sédentarité
Les facteurs de santé qui ont été pris en compte étaient les suivants :
- Mortalité toutes causes confondues,
- Incidence et mortalité des maladies cardiovasculaires,
- Diabète sucré II et cancer, ainsi que
- Hospitalisations toutes causes confondues.
Les maladies cardiovasculaires, le diabète sucré II et le cancer sont considérés comme les maladies les principales maladies non transmissibles

Il convient de noter que seules des études d’observation ont été incluses dans cette méta-analyse
Plus le mode de vie est sédentaire, plus le risque de maladie est élevé
Plus précisément, le risque relatif le plus élevé associé à un mode de vie sédentaire constaté dans cette étude est le risque de développer du diabète de type II, qui s’élève à plus de 90 % chez les sujets sédentaires.
En ce qui concerne la mortalité et l’incidence des différents types de cancer, la sédentarité semble être un facteur de risque pour les cancers du sein, du colon, de l’endomètre et de l’épithélium ovarien.
Modes de vie sédentaires et augmentation des maladies
Les résultats les plus marquants de cette analyse sont que les modes de vie sédentaires augmenteraient de…
- 24% le risque de mortalité toutes causes confondues.
- 91% le risque de développer un diabète de type II.
- 14% l’incidence des maladies cardiovasculaires.
- 18% la mortalité due aux maladies cardiovasculaires.
- 13% le taux d’incidence du cancer et de 16 % sa mortalité.
Cependant, ces chiffres ne doivent pas être considérés comme des vérités absolues, car, comme le soulignent les auteurs de la méta-analyse eux-mêmes, de nombreuses évaluations comportent de fortes lacunes.
Sédentarité et développement des maladies non transmissibles
Le manque d’activité physique est un facteur déterminant dans la propagation des principales maladies non transmissibles.

Preuve en est, en 2012 la prestigieuse revue The Lancet a publié une étude à ce sujet. Les auteurs ont voulu estimer la proportion des cas de ces maladies (maladies cardiovasculaires, diabète sucré II et cancer) qui auraient pu être évitées si les personnes sédentaires avaient été actives, et le gain d’espérance de vie qui en aurait résulté.
Pour ce faire, ils se sont appuyés sur la FAP (fraction attribuable à la population), un concept statistique qui estime la proportion de cas qui ne se seraient pas produits en l’absence d’un facteur de risque donné (dans ce cas, le facteur serait un mode de vie sédentaire).
Selon ses calculs, ils pourraient être réduits globalement, si tous les individus inactifs devenaient actifs:
- 6% des cas de maladies cardiovasculaires,
- 7% des cas de diabète sucré de type II,
- 10% des cas de cancer du sein et du colon.
Sur la base de ces chiffres, la sédentarité est un facteur de risque comparable à celui du tabagisme et de l’obésité
Sédentarité et coûts économiques
L’inactivité physique a non seulement un impact sur les dépenses de santé, mais aussi un effet global, puisqu’elle provoque des coûts indirects liés à la baisse de productivité pour cause de maladie ou de mortalité prématurée.

Ding et al., (2016) a calculé le coût économique mondial de l’inactivité physique dans 142 pays sur la base des données de 2013
Le coût de la sédentarité en Espagne
Selon cette étude, rien qu’en Espagne, l’inactivité physique représente des coûts directs de plus de 1 700 millions d’euros, et plus de 245 millions d’euros de coûts indirects, 2 000 000 000 euros au total.
Près des trois quarts d’entre eux sont fournis par le secteur publique et une grande partie de la fraction restante est payée directement par nous

Ainsi, un mode de vie sédentaire non seulement tue, mais appauvrit notre société à tous points de vue
Quels sont les facteurs qui font qu’une personne est physiquement active ou non ?
Certains facteurs semblent influencer la performance de l’activité physique (Bauman et al., 2012). Certains d’entre eux agissent comme un « poisson qui se mord la queue », je vous explique.
Les facteurs physiologiques
Voici quelques exemples de facteurs qui ont une incidence négative sur les résultats de l’activité:
- Le surpoids,
- l’effort perçu,
- le stress,
- la mauvaise santé, et
- le manque d’efficacité personnelle (ou le manque d’indépendance pour se débrouiller au quotidien).

Les facteurs sociaux
D’un autre côté, le niveau d’éducation, le fait d’avoir déjà pratiqué des activités sportives, la recherche d’une certaine esthétique et le fait d’être en bonne santé sont autant de facteurs qui incitent les gens à être plus actifs.
Bien entendu, il existe de nombreux autres acteurs qui ont un impact, par exemple, au niveau environnemental tels que la présence d’installations sportives, la configuration urbaine ou les besoins et la disponibilité des transports.

Ou au niveau politique, comme les plans d’éducation qui mettent l’accent sur la pratique d’une activité physique ou sa promotion par le biais de campagnes communautaires.
Levez-vous de votre chaise !
Comme indiqué au début, il est possible de respecter les recommandations officielles en matière d’activité physique (environ 150 minutes par semaine d’activité physique modérée – intense) et continuer malgré tout à passer de longues périodes en position assise et compromettre la santé métabolique.
Rester trop longtemps assis nuit à la santé
Il a été démontré que de longues périodes d’absence de charge musculaire (position assise) ont des conséquences au niveau biologique qui peuvent être contrecarrées par le simple fait de se lever (Owen et al., 2010).
En effet, chez les personnes ayant respecté les recommandations mentionnées ci-dessus, on a observé que plus ils passaient de temps à regarder la télévision (en position assise), plus les marqueurs de santé se dégradaient comme la tension artérielle, le tour de taille, la tolérance au glucose ou les taux de lipides sanguins.
Que faire si l’on est obligé de rester assis longtemps ?
Nous sommes souvent obligés de rester assis à cause des circonstances du quotidien, dont la plus fréquente est généralement le travail.
Cela signifie-t-il que l’augmentation du risque d’aggravation de notre état de santé est inévitable ?
Les récentes recherchent ont fait le constat très pertinent de l’importance de “rompre les périodes de sédentarité”.

Il s’agit d’une chose aussi simple que de passer de la position assise à la position debout, ou de la position debout à la marche et au déplacement
Encourager les déplacements actifs
C’est pourquoi il est essentiel d’essayer de limiter le temps passé assis, et dans ce contexte, des stratégies telles que les déplacements actifs, plutôt que le recours à la voiture, prennent encore plus d’importance.

Les déplacements actifs peuvent consister à éviter les ascenseurs et les escaliers roulants dans la mesure du possible ou, si ce n’est pas possible, à se rendre au travail à vélo…
L’activité physique comme agent protecteur
Cependant, comme nous l’avons déjà mentionné, passer un grand nombre d’heures par jour assis est un facteur de risque métabolique.
Dans une méta-analyse publiée en 2016 par Ekelund et al. a décidé d’examiner comment l’activité physique affecte le risque de mortalité toutes causes confondues lié à la sédentarité.
Étude sur l’activité physique et le risque de mortalité
Une étude a été réalisée sur la base d’une série de critères avec leur pondération correspondante :
| Temps assis | De 0 à 4 heures | De 4 à 6 heures | De 6 à 8 heures | Plus de 8 heures |
| Heures TV | Moins de 1 heure | De 1 à 2 heures | De 3 à 4 heures | Plus de 5 heures |
| Niveau Activité Physique | 35,5 MET-h/semaine (60 – 75 minutes d’activité modérée par jour) | 30 MET-h/semaine (50 – 65 minutes d’activité modérée par jour) | 16 MET-h/semaine (25 – 35 minutes d’activité modérée par jour) | 2,5 MET-h/semaine (5 minutes d’activité modérée par jour) |
Le recoupement des informations disponibles a permis de constater un lien clair entre la dose et la réponse entre le temps passé assis, l’activité physique et la mortalité toutes causes confondues
Avant de lire la suite, je vous invite à faire preuve d’honnêteté et de vous situer dans le groupe qui vous correspondrait.
- Pour ce faire, sélectionnez le nombre d’heures passées en position assise puis définissez votre niveau d’activité.
- Ensuite, choisissez les heures de télévision/séries/films/médias sociaux/Youtube que vous passez par jour et combinez-les à votre niveau d’activité physique.
Risque de mortalité lié au temps passé assis
Comme on pouvait s’y attendre, le risque de décès le plus élevé est apparu dans le groupe avec le plus faible taux d’activité physique (2,5 MET-h/semaine) et à avoir passé le plus de temps assis (>8 heures).
Ce groupe correspond au point le plus élevé de ceux présentés dans le graphique ci-dessous, et son risque de mortalité a été fixé à 58 % de plus que dans le groupe de référence (le plus actif et avec le moins d’heures d’assise).

Association entre le risque de mortalité, le nombre d’heures passées assis et le niveau d’activité (Ekelund et al., 2016)
Risque de mortalité et heures de télévision
Concernant le risque de mortalité toutes causes confondues et la relation avec les heures de télévision, les auteurs ont constaté une répartition similaire :

Association entre le risque de mortalité, le nombre d’heures passées devant la télévision et le niveau d’activité (Ekelund et al., 2016)
Les conclusions de l’étude
Deux choses ressortent clairement de ces graphiques :
- Le manque d’activité physique et le fait de passer trop de temps assis et/ou devant la télévision nous rendent vulnérables et sont des facteurs de risque très clairs pour la mortalité toutes causes confondues.
- Réaliser de l’activité physique réduit le risque de mortalité.
Je veux que nous gardions surtout à l’esprit cette dernière phrase…
1 heure d’activité par jour
Cette étude montre comment le risque de mortalité peut être considérablement réduit (même s’il n’est pas complètement éliminé) lorsqu’on pratique au moins une heure d’activité modérée à intense par jour.
Comme c’est le cas pour le groupe de 35,5 MET-h (60 à 75 minutes d’activité par jour)

Même s’ils peuvent passer plus de 8 heures assis par jour…
Pourquoi regarder la TV « augmente le risque de mortalité » ?
Autre aspect à noter, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, le fait que les heures passées devant la TV augmentent le risque de mortalité de manière plus marquée que les heures sédentaires, « sans TV ».
Mais comment cela se fait-il ?
L’immobilité
Il est certain que si une personne consomme plus de 3 à 5 heures de TV par jour (et quand je dis TV, j’inclus les séries, les films ou les vidéos sur Youtube), elle y consacrera l’essentiel de son temps libre.
En évitant par conséquent, tout déplacement et tout type d’activité physique

Des en-cas mauvais pour la santé
Par ailleurs, il arrive souvent de grignoter ou de consommer des produits superflus et indésirables (boissons rafraîchissantes, snacks de poche, biscuits, jus, articles de boulangerie, fruits secs transformés, etc) devant un écran pendant nos loisirs, ce qui aggrave encore le problème.
Manque de temps pour faire du sport ?
De nombreuses personnes justifient le fait de ne pas pratiquer de sport ou de ne pas être physiquement actives par manque de temps.

Mais ces mêmes personnes sont capables de regarder 3 ou 4 épisodes de leur série préférée chaque jour et/ou de poster sur leurs réseaux sociaux 1 ou 2 heures (et mon approche est conservatrice dans les deux cas).
Et vous, faites-vous partie de cette catégorie ?
Conclusion
La plupart des faits exposés semblent évidents, mais le message que l’on essaie de mettre en évidence est qu’il vaut mieux se mettre le plus rapidement possible à être actif physiquement, et qu’il n’est jamais trop tard pour s’y mettre.
Avez-vous vraiment besoin davantage d’explications pour commencer à bouger ?
Sources Bibliographiques
- Owen et al., (2010). Sedentary behavior: Emerging evidence for a new health risk.
- Khol et al., (2012). The pandemic of physical inactivity: global action for public health.
- Biswas et al., (2015). Sedentary time and its association with risk for disease incidence, mortality and hospitalization in adults.
- Lee et al., (2012). Impact of physical inactivity on the world’s major non-communicable diseases.
- Ding et al., (2016). The economic burden of physical inactivity: a global analysis of major non-communicable diseases.
- Bauman et al., (2012). Correles of physical activity: why are some people physically active and others not?
- Owen et al., (2010). Too much sitting: the population-health science of sedentary behavior.
- Ekelund et al., (2016). Does physical activity attenuate, or even eliminate, the detrimental association of sitting time with mortality? A harmonised meta-analysis of data from more than 1 million men and women.
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