L’entraînement peut être mieux exploité pour augmenter le volume musculaire en réduisant son caractère catabolique grâce à l’hyperémie
Comme tu le sais déjà, l’entraînement « per se » est un processus catabolique (dégradation musculaire) ; la croissance se produit pendant le repos et avec une nutrition adaptée (processus anabolique).
Sommaire
Qu’est-ce que l’hyperémie ?
Par définition, l’hyperémie (« hyper- » excès ; « -émie » sang) est « l’augmentation du contenu sanguin intravasculaire d’un organe, d’une partie de celui-ci ou d’un tissu vascularisé »
Le flux sanguin vers les tissus se distribue en fonction de leur activité métabolique. Ainsi, au repos, les 5 litres de sang dont dispose un homme moyen se répartissent de manière à ce que les reins et le foie reçoivent la majeure partie ; tandis que le tissu musculaire ne reçoit qu’environ 15-20 % du total.

Cette tendance s’inverse pendant l’activité physique, comme on peut le voir sur la figure
Types d’hyperémie
Dans notre cas, on parle toujours d’hyperémie active (artérielle), qui se produit lorsque l’irrigation artérielle augmente dans une zone donnée
C’est ce qui se passe habituellement lorsque les organes augmentent leur activité et ont besoin de plus d’oxygène et de nutriments.

Il existe un autre type d’hyperémie, appelée hyperémie passive ou veineuse, due à un drainage insuffisant du sang veineux, mais ce sujet ne sera pas abordé ici.
- PHASE I : augmentation immédiate et importante du flux sanguin musculaire qui se stabilise en 5-7 secondes.
- PHASE II : juste après la phase I, une adaptation plus lente se produit jusqu’à stabilisation en 15-20 secondes.
Exploiter l’entraînement : supplémentation intra-entraînement
En plus de l’hyperémie due à l’augmentation du flux sanguin, pendant l’entraînement, on se trouve dans un contexte qui favorise le catabolisme musculaire, car il y a un bilan net négatif en protéines dû à la dégradation des fibres musculaires.
La Protocole de Supplémentation Intra-entraînement est très recommandée parce que :
- On peut profiter de l’hyperémie musculaire active pour apporter plus de nutriments au muscle au moment où il en a vraiment besoin (catabolisme).
- Réduire l’effet catabolique précédent grâce à des composés spécifiques qui activent les processus anaboliques.
- Retarder la fatigue musculaire et diminuer les changements métaboliques qui limitent la performance (accumulation de déchets).
Les meilleurs suppléments intra-entraînement (preuves scientifiques)
Une étude menée par Tipton et al. a démontré qu’un shake de glucides avec acides aminés essentiels consommé juste avant l’entraînement était plus efficace que le même shake consommé après l’entraînement. On a aussi observé un flux sanguin plus important vers le muscle lorsque ce mélange était pris avant l’entraînement.
De même, la supplémentation en BCAA's à raison de 77 mg/kg de poids corporel avant l’exercice a montré une augmentation des niveaux artériels et intracellulaires de BCAA pendant l’exercice, réduisant le catabolisme.

Ce même effet, bien que légèrement retardé dans le temps, a été démontré lorsqu’on le prend pendant l’entraînement
Il est important de noter que les effets de la leucine sont renforcés lorsqu’elle est combinée avec des acides aminés essentiels (EAA), car la leucine seule diminue la concentration d’EAA dans le plasma.
Exemple d’intra-entraînement
Aspects à prendre en compte :
- Heure
- État dans lequel vous vous trouvez (jeûne ou postprandial)
- Objectifs, intensité de l’entraînement, durée, etc.
En gros, un exemple pourrait être :
- Dextrose : 0,75 g/kg de poids corporel.
- BCAA : 77 mg/kg de poids corporel.
- EAA : 77-85 mg/kg de poids corporel.
- Créatine : 80 mg/kg de poids corporel.
- Bêta-alanine : 45-60 mg/kg de poids corporel.
Sources
- Calderón Montero, FJ. Physiologie du sport (2e édition). Ed. TÉBAR, S.L., Madrid, année 2007.
- Chicharro JL, Fernandez Vaquero A. Physiologie de l’exercice (3e éd.). Ed. Panamericana, Madrid, 2006
- Coombes JS, McNaughton LR. Effets de la supplémentation en acides aminés à chaîne ramifiée sur la créatine kinase sérique et la lactate déshydrogénase après un exercice prolongé. J Sports Med Phys Fitness. 2000;40:240–6.
- Jacob M. Wilson. Effets généraux de la leucine sur la croissance musculaire et l’équilibre protéique. Journal of HYPERPLASIA Research 6(3) : publié le 3 août 2006
- Kevin D. Tipton et al. Le moment de l’ingestion d’acides aminés-glucides modifie la réponse anabolique du muscle à l’exercice de résistance. Am J Physiol Endocrinol Metab 281:197-206, 2001.
- Michael E. Tschakovsky et Don D. Sheriff. Hyperémie immédiate à l’exercice : contributions de la pompe musculaire vs. vasodilatation rapide J Appl Physiol 97:739-747, 2004
- Shimomura, Y., Y. Yamamoto, G. Bajotto, et al. Effets nutraceutiques des acides aminés à chaîne ramifiée sur le muscle squelettique. J. Nutr. 136:529S-532S, 2006.
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